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 André Choulika - Biotechs : Un grand nombre de brevets à déposer

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D@n (Daniel Beldio)

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MessageSujet: André Choulika - Biotechs : Un grand nombre de brevets à déposer   Mer 21 Avr - 1:37

Biotechs : Un grand nombre de brevets à déposer

André Choulika préside France Biotech, association fédérant les entreprises des biotechnologies du domaine de la santé et qui se veut l’interlocuteur des institutions, notamment des communautés d’investisseurs et des pouvoirs publics dans un secteur en très forte de mande d’investissements. Il présentait récemment aux côté d’Oséo avec qui nous publions ce dossier le panorama 2009 de la filière

Qu’est-ce qui caractérise les entreprises du secteur des biotechnologies dans le domaine de la santé ?

Les entreprises des biotechnologies de la santé ont déposé ces dernières années une centaine de brevets. Il s’agit de PME réparties sur presque tout le territoire national. Les plus grosses capitalisations boursières sont de l’ordre de 300 à 500 M€ comme c’est le cas pour Nicox et Transgène, mais ça reste quant même des PME. La particularité de ces entreprises est qu’entre la période de leur création et le moment où elles auront développé un produit près pour le marché, il va s’écouler dans le meilleur des cas entre 10 et 12 ans. La plupart du temps, en fait, elles n’atteignent leur seuil de rentabilité qu’après 13 à 15 années d’existence. Cette donnée induit évidemment de forts besoins de financements pendant la période de développement. Le cheminement « classique » de financement débute avec le capital-risque, puis le capital-développement et enfin l’introduction en bourse.

Ces délais extrêmement longs ne constituent-ils pas un obstacle majeur dans la recherche d’investisseurs, notamment en raison des risques d’échec des processus de R&D ?

Il est certain que nous sommes dans une industrie complètement dépendante de sa capacité à trouver des investisseurs. A partir du moment où les entreprises ont accès à des capitaux, ça se passe plutôt bien. Mais dès lors qu’un dossier a tourné sans être retenu auprès des principaux chefs de file des réseaux d’investisseurs, et ils sont peu nombreux en France, ça devient très compliqué. L’entrepreneur peut envisager de trouver des investissements alternatifs de petits montants, mais de toute façon sa situation deviendra très compliquée au moment du second ou du troisième tour de table. Il faut savoir que le développement n’est pas seulement long, il est aussi très coûteux avec une moyenne de 750 M€ avant la mise sur le marché d’un médicament selon les chiffres de l’industrie pharmaceutique. Quant à la part de risque, environ 10% des projets arrivent au bout pour 90% qui échouent en cours de route.

Le plus souvent les investisseurs envisagent des sorties à moyen terme, qu’est-ce qui caractérise ceux qui s’aventurent dans les biotechs ?

Ce sont des investisseurs qui connaissent très bien le secteur, qui ont compris la logique du système. Aujourd’hui, certains ont eu les premiers retours sur investissements, il ne faut pas oublier que le domaine des biotechnologies est relativement récent. Ils savent que les PME dans lesquelles ils investissent accusent des pertes pendant 10 ou 15 ans, qu’il faudra suivre sur plusieurs tours de tables durant cette période. Les sorties ne s’effectuent pas à court terme, elles surviennent quand le projet a atteint un certain degré de maturité, soit par cession, soit après une introduction en bourse par valorisation des actions. C’est un secteur différent des autres, dans lequel les investisseurs sont extrêmement compétents. Le seul problème est qu’ils sont peu nombreux. L’incapacité de la filière à accéder à un plus grand nombre de capitaux-risqueurs réduit énormément les possibilités d’effet de levier et les capitaux-risqueurs se retrouvent toujours en position de force.

Quel regard portez-vous sur les politiques publiques en faveur des biotechs de la santé ?

Nous avons le sentiment d’une prise conscience. Le président de la République a placé les biotechnologies parmi les priorités dans le cadre du grand emprunt ; le premier ministre, les ministres de l’industrie et de la recherche ont repris cette thématique. Un réel effort a été fait pour mettre en place toute la chaîne nécessaire à l’émergence d’un secteur d’avenir. Les outils ont également été mis en place avec l’Agence Nationale de la Recherche et Oséo. Il est question aujourd’hui de renforcer leurs moyens de manière significative grâce au grand emprunt, cela correspond à une des demandes formulées par France Biotech dans sa plate-forme de propositions. En 2008 du fait du transfert des budgets de l’Agence pour l’innovation industrielle, Oséo a bénéficié d’un budget de 620 M€ pour soutenir l’innovation dans les PME, puis en 2009 ce budget est revenu à ce qu’il était en 2007 soit 320 M€. Les biotechs ont bénéficié d’environ 91 M€ d’aide à l’innovation, c’est une aide cruciale mais elle n’est pas encore assez significative pour notre secteur, pour le rendre compétitif à l’international. C’est pourquoi nous souhaitons que la dotation d’Oséo soit rétablie au moins à son niveau de 2008. Enfin, il y a des instruments financiers très intéressants qui émanent de la CDC avec des fonds d’amorçage dédiés, suivis quand les projets sont plus matures par le fonds Innobio qui fait de l’investissement, puis par le FSI qui réalise des investissements au-delà de 20M€. Et puis il y a la dernière initiative de financer des grands projets par le grand emprunt, notamment dans les pôles de compétitivité, dans les domaines tels les cellules souches, les biocarburants, ou la bioproduction. Cette volonté d’insuffler une dynamique est très positive.

Comment analysez-vous les perspectives du secteur ?

S’il y a un domaine dans lequel la France peut envisager une croissance durable dans le temps, c’est bien celui des biotechnologies. Il s’agit d’une industrie relativement jeune, qui a débuté il y a une trentaine d’années. Nous n’en sommes qu’au début. Beaucoup de choses sont à découvrir et donc nous avons devant nous un grand nombre de brevets à déposer. Il s’agit aussi d’une industrie ultra-innovante qui va générer une révolution comparable à celle de la chimie à la fin du XIXème siècle. L’enjeu pour les entreprises françaises est de prendre des positions stratégiques et significatives et pour cela il faut produire les efforts aujourd’hui. Il ne faut pas oublier non plus que c’est avant tout avec des tubes à essais que l’on innove dans les biotechnologies, et non pas qu’avec des business plans.
21 avril 2010, Pierre Magnetto

http://www.innovationlejournal.com/spip.php?article5508
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